Trois mois avec sursis pour la “ recrue ” par trop naïve

Tribunal correctionnel de Tours
Jeune et naïve ! C’est ainsi que Mélissa se décrit à la barre, pour expliquer ses agissements de 2015, lorsqu’elle s’est laissée entraîner par un, puis deux garçons rencontrés à l’époque. De vagues connaissances – Mickaël et Manix – croisées en soirée au temps de ses 19 ans. Seule à Tours dans son appartement, après une période dans divers foyers.
Les garçons lui promettent « un moyen de se faire facilement de l’argent […] Par de réel préjudice ». Il suffit de prendre les papiers – falsifiés ou non – qu’ils lui donnent et d’ouvrir un, puis deux, comptes bancaires, sous l’identité d’un tiers et de se faire remettre un chéquier. Ou d’utiliser tel chéquier volé pour acheter des biens qu’on pourra revendre ensuite.
Pour elle ? Une récompense, plus tard.
En fait, à l’en croire, elle ne retirera aucun bénéfice de l’affaire, malgré un chèque de 1.200 € déposé sur son compte. « J’ai rien touché, c’est Manix », explique la jeune femme à la barre.
Vingt et un chèques encaissés Manix du Sanitas, un alias inconnu des policiers qui ont été sollicités par les gendarmes en charge de l’enquête. Une enquête débutée fin mars, quand une personne hospitalisée dans le Tarn-et-Garonne est informée par sa banque de chèques tirés à Tours. Or ce chéquier… n’a jamais été reçu par la destinataire légitime.
Au bilan, vingt et un chèques seront finalement encaissés, pour un montant total de presque 4.800 €. Si l’on ajoute que Mélissa – à l’entendre, cornaquée par Mickaël – a tenté d’acheter une voiture et un scooter, mais que les crédits lui ont été finalement refusés… la matérialité des faits ne fait pas beaucoup de doutes. D’ailleurs, la jeune femme les a toujours reconnus. Même si elle estime ne pas être la seule responsable.
D’ailleurs, Clémence Civit, pour le ministère public, la croit lorsqu’elle dit qu’on lui a fourni ces papiers. Mais il n’en reste pas moins « que vous avez agi dans l’espoir d’une récompense » et « sans contrainte ».
En répression, elle demande une peine de 4.000 € d’amende ainsi que trois mois d’emprisonnement avec sursis et interdiction d’émettre des chèques pendant deux ans.
Du côté de la défense, Me Noémie Waché met surtout en avant l’immaturité, la vulnérabilité, le côté influençable de sa cliente à l’époque. Une ingénue comparée à la jeune femme d’aujourd’hui, qui semble vouloir prendre en main son destin. En témoignent divers stages et formations, quelques emplois et même une tentative d’intégrer l’armée, tentative avortée pour raison médicale.
Après délibéré, le tribunal reconnaît Mélissa coupable d’escroquerie et tentative, coupable de falsification de chèques et usage et la condamne à trois mois de prison avec sursis et 1.000 € d’amende. Elle devra également rembourser la partie civile.

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